Traces Numériques
Ce pochoir à l’entrée d’une station de métro de Saint-Germain-des-Prés à Paris sur la loi Loppsi illustre un des grands principes de notre monde contemporain : la potion magique outillée comme poison et remède dans un univers de bouc émissaire où il existe une nécessité de purification : purger le mal de la société. C’est là même ce que recouvre le terme de "pharmakos" comme rite de purification dans la Grèce antique. Le pochoir Loppsi sur une bouteille constitue un symbole fort évocateur du Pharmakon.
Les philosophes Jacques Derrida, René Girard s’y sont intéressés et Bernard Stiegler qui fonde une partie de ses écrits sur l’expulsion, le Pharmakon ainsi défini :
"En Grèce ancienne, ce mot désigne à la fois un remède, un poison, et un bouc-émissaire. Tout objet technique est pharmacologique, à la fois poison et remède. C’est une autre manière de dire avec Hölderlin que là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve. Toute technique, originairement, est ambivalente : l’écriture alphabétique, par exemple, a pu et peut encore être aussi bien un instrument d’émancipation que d’aliénation. Raisonner pharmacologiquement c’est, autre exemple, comprendre que pour lutter contre les effets néfaste du web, il convient non pas de ne plus se servir du web (ce qui n’aurait pas de sens) mais de s’en servir autrement. Si le web peut être dit pharmacologique c’est qu’il est à la fois un dispositif technologique associé permettant la participation et un système industriel dépossédant les internautes de leurs données pour les soumettre à un marketing omniprésent et individuellement ciblé (user profiling)
(…) Une pharmacologie de l’attention, par exemple, s’intéresse aux effets, positifs ou néfastes, qu’ont sur l’attention, les nouveaux médias, afin bien entendu de susciter les premiers et d’éviter les seconds.”

Ce pochoir à l’entrée d’une station de métro de Saint-Germain-des-Prés à Paris sur la loi Loppsi illustre un des grands principes de notre monde contemporain : la potion magique outillée comme poison et remède dans un univers de bouc émissaire où il existe une nécessité de purification : purger le mal de la société. C’est là même ce que recouvre le terme de "pharmakos" comme rite de purification dans la Grèce antique. Le pochoir Loppsi sur une bouteille constitue un symbole fort évocateur du Pharmakon.

Les philosophes Jacques Derrida, René Girard s’y sont intéressés et Bernard Stiegler qui fonde une partie de ses écrits sur l’expulsion, le Pharmakon ainsi défini :

"En Grèce ancienne, ce mot désigne à la fois un remède, un poison, et un bouc-émissaire. Tout objet technique est pharmacologique, à la fois poison et remède. C’est une autre manière de dire avec Hölderlin que là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve. Toute technique, originairement, est ambivalente : l’écriture alphabétique, par exemple, a pu et peut encore être aussi bien un instrument d’émancipation que d’aliénation. Raisonner pharmacologiquement c’est, autre exemple, comprendre que pour lutter contre les effets néfaste du web, il convient non pas de ne plus se servir du web (ce qui n’aurait pas de sens) mais de s’en servir autrement. Si le web peut être dit pharmacologique c’est qu’il est à la fois un dispositif technologique associé permettant la participation et un système industriel dépossédant les internautes de leurs données pour les soumettre à un marketing omniprésent et individuellement ciblé (user profiling)

(…) Une pharmacologie de l’attention, par exemple, s’intéresse aux effets, positifs ou néfastes, qu’ont sur l’attention, les nouveaux médias, afin bien entendu de susciter les premiers et d’éviter les seconds.”

Un message sur le mur (sans Facebook)… Se donner  rendez-vous au coin du Boulevard Saint-Michel et du Boulevard  Saint-Germain à Paris et ne pas se re-trouver. Interroger qui se trouve  là et puis repartir.
"Ecris-moi 1 mail" déclare la  personne. Lucien y répondra-t-il ? Et pourquoi donc faire ainsi trace ?  Je suis passé et je demeure (pourtant) dans ce lieu. Qu’y-a-t-il  d’éphémère dans ce geste auguste ?
Comme quoi, le mur Facebook ne remplace pas le mur des villes et villages.
"Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire" Simone de Beauvoir in “L’Invitée”

Un message sur le mur (sans Facebook)… Se donner rendez-vous au coin du Boulevard Saint-Michel et du Boulevard Saint-Germain à Paris et ne pas se re-trouver. Interroger qui se trouve là et puis repartir.

"Ecris-moi 1 mail" déclare la personne. Lucien y répondra-t-il ? Et pourquoi donc faire ainsi trace ? Je suis passé et je demeure (pourtant) dans ce lieu. Qu’y-a-t-il d’éphémère dans ce geste auguste ?

Comme quoi, le mur Facebook ne remplace pas le mur des villes et villages.

"Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire" Simone de Beauvoir in “L’Invitée”

Une armée de Art toys sont prêts à envahir l’univers publicitaire du métro parisien. En ordre de marche, sous le feu des projecteurs, ils investissent surtout le vocabulaire signé-siglé Facebook : "Pokez, Taggez, Likez…" (traduits officiellement en bas d’affiche par "Pokez, marquez, appréciez"). En octobre 2010, Orange ne vend plus des forfaits mobiles : il commercialise la connectivité et l’affectivité ; l’adhésion et l’approbation ; le continuum et la présence en ligne… Et accessoirement du divertissement musical en flux (Deezer).
"Ne penser à rien, c’est avoir une âme à soi et intégrale. Ne penser à rien, c’est vivre intimement, le flux et le reflux de la vie…" Fernando Pessoa (Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes)

Une armée de Art toys sont prêts à envahir l’univers publicitaire du métro parisien. En ordre de marche, sous le feu des projecteurs, ils investissent surtout le vocabulaire signé-siglé Facebook : "Pokez, Taggez, Likez…" (traduits officiellement en bas d’affiche par "Pokez, marquez, appréciez"). En octobre 2010, Orange ne vend plus des forfaits mobiles : il commercialise la connectivité et l’affectivité ; l’adhésion et l’approbation ; le continuum et la présence en ligne… Et accessoirement du divertissement musical en flux (Deezer).

"Ne penser à rien, c’est avoir une âme à soi et intégrale. Ne penser à rien, c’est vivre intimement, le flux et le reflux de la vie…" Fernando Pessoa (Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes)

Pour être dans le vent, on a vu dans nos villes des affiches mentionnant des blogs (Blogger.com et autres plateformes d’hébergement gratuites) puis ce fut MySpace (pour du street marketing musical) avant que Facebook ne prenne le pas. Aujourd’hui, c’est TumblR qui fait son apparition dans les rues (notamment Parisiennes). La mode et le marketing se sont emparés de l’outil comme force promotionnel de suivi/adhésion (fonction “follow”), de republication (fonction “reblog”) et d’appréciation (“like”) au-delà de l’univers médiatique TumblRien pluri-média (photos, vidéos, images animées, audio). Exemple ici avec RememberLastSummer.Tumblr.com et son “placard” en forme de mémoire estivale “hype” en face de l’emblématique boutique fashion Kiliwatch (rue Tiquetonne, Paris 2e). Tout outil est foncièrement éphémère. “Le quotidien s’invente avec mille manières de braconner” dit Michel de Certeau dans L’Invention du quotidien.

Pour être dans le vent, on a vu dans nos villes des affiches mentionnant des blogs (Blogger.com et autres plateformes d’hébergement gratuites) puis ce fut MySpace (pour du street marketing musical) avant que Facebook ne prenne le pas. Aujourd’hui, c’est TumblR qui fait son apparition dans les rues (notamment Parisiennes). La mode et le marketing se sont emparés de l’outil comme force promotionnel de suivi/adhésion (fonction “follow”), de republication (fonction “reblog”) et d’appréciation (“like”) au-delà de l’univers médiatique TumblRien pluri-média (photos, vidéos, images animées, audio). Exemple ici avec RememberLastSummer.Tumblr.com et son “placard” en forme de mémoire estivale “hype” en face de l’emblématique boutique fashion Kiliwatch (rue Tiquetonne, Paris 2e). Tout outil est foncièrement éphémère. “Le quotidien s’invente avec mille manières de braconner” dit Michel de Certeau dans L’Invention du quotidien.

"Roméo kiffe Juliette" (vidéo) slamme Grand Corps Malade sur son nouvel album “3eme Temps” (distribution AZ). L’univers  shakespearien revisité à la sauce urbaine et contemporaine où la “poésie  de l’oral” (slam) se fait circonstanciée pour ce premier single. Empreintes technologiques comme bribes de paroles  du jeu de l’amour qui n’est pas du hasard ; de l’importance de la  relation objet… Médias relationnels ou outils-liens d’existence ?
"Mais les choses se compliquent quand le père de Juliette Tombe sur des messages qu’il n’aurait pas dû lire Un texto sur l’iPhone et un chat Internet La sanction est tombée, elle ne peut plus sortir Roméo galère dans le hall du bâtiment trois Malgré son pote Mercutio, sa joie s’évapore”
Crédit photo :  J.-L. Raymond. Grand Corps Malade et Mike (claviers) au Réservoir (Paris).  Showcase privé. 14 octobre 2010. Remerciements : Louis Favre.

"Roméo kiffe Juliette" (vidéo) slamme Grand Corps Malade sur son nouvel album “3eme Temps” (distribution AZ). L’univers shakespearien revisité à la sauce urbaine et contemporaine où la “poésie de l’oral” (slam) se fait circonstanciée pour ce premier single. Empreintes technologiques comme bribes de paroles du jeu de l’amour qui n’est pas du hasard ; de l’importance de la relation objet… Médias relationnels ou outils-liens d’existence ?

"Mais les choses se compliquent quand le père de Juliette
Tombe sur des messages qu’il n’aurait pas dû lire
Un texto sur l’iPhone et un chat Internet
La sanction est tombée, elle ne peut plus sortir
Roméo galère dans le hall du bâtiment trois
Malgré son pote Mercutio, sa joie s’évapore”

Crédit photo : J.-L. Raymond. Grand Corps Malade et Mike (claviers) au Réservoir (Paris). Showcase privé. 14 octobre 2010. Remerciements : Louis Favre.

Je me tatoue les logos de réseaux sociaux (Facebook, Twitter, FlickR…) et autres joyeuseries Web (émoticônes, Google…). Signes d’une reconnaissance mutuelle entre individus ? Signes d’appartenance aussi ? L’esprit du tatouage Réseaux Sociaux fait école avec la photo en exergue de cet article de Télérama, accessoirement également en une du magazine papier du même nom, cette semaine. Simone de Beauvoir n’avait pas tort : "Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire." (in L’Invitée)

Je me tatoue les logos de réseaux sociaux (Facebook, Twitter, FlickR…) et autres joyeuseries Web (émoticônes, Google…). Signes d’une reconnaissance mutuelle entre individus ? Signes d’appartenance aussi ? L’esprit du tatouage Réseaux Sociaux fait école avec la photo en exergue de cet article de Télérama, accessoirement également en une du magazine papier du même nom, cette semaine. Simone de Beauvoir n’avait pas tort : "Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire." (in L’Invitée)

Devanture d’une boutique de vêtements Boulevard Saint-Germain à Paris. Dire que l’on est sur Facebook et l’affirmer. Quitter Facebook et l’affirmer plus encore : le temps de l’affichage de soi, publicisation contemporaine de l’individu avec un effort sur les coordonnées : "Je fais ce que je veux + C’est décidé : J’arrête Facebook". Question subsidiaire : le sac est-il un poids ou une instance mémorielle ?

Devanture d’une boutique de vêtements Boulevard Saint-Germain à Paris. Dire que l’on est sur Facebook et l’affirmer. Quitter Facebook et l’affirmer plus encore : le temps de l’affichage de soi, publicisation contemporaine de l’individu avec un effort sur les coordonnées : "Je fais ce que je veux + C’est décidé : J’arrête Facebook". Question subsidiaire : le sac est-il un poids ou une instance mémorielle ?

Vestige de France Télécom du début des années 2000 : un CD-Rom de connexion à Internet de feu le fournisseur d’accès à Internet Wanadoo a élu domicile sur une porte du 13e arrondissement de Paris entouré d’étoiles peintes. Le CD ne brille plus ; le temps du RTC et de ses galettes “jetées” au milieu des magazines est désormais révolu. Les box ont remplacé les CDs.

Vestige de France Télécom du début des années 2000 : un CD-Rom de connexion à Internet de feu le fournisseur d’accès à Internet Wanadoo a élu domicile sur une porte du 13e arrondissement de Paris entouré d’étoiles peintes. Le CD ne brille plus ; le temps du RTC et de ses galettes “jetées” au milieu des magazines est désormais révolu. Les box ont remplacé les CDs.

La Génération Y au pouvoir sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook ? Tel est le message de la nouvelle campagne d’affichage de l’opérateur mobile SFR.

La Génération Y au pouvoir sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook ? Tel est le message de la nouvelle campagne d’affichage de l’opérateur mobile SFR.

L’ecommerce sauvera-t-il la fermeture de la boutique pour cause de vacances ? ComptoirDesEcritures le pense et puis l’écrit.

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